Ice drink, Pablo Bouteiller CVE 18.1 Cerfav; juillet 2010.



Bien sûr que non le projet utilitaire ne portera pas la dénomination Glagla! Mais ce petit mot est ce qui fera la différence avec tous les autres verres, Glagla c’est le concept que je ne vais pas encore dévoilé ici et maintenant.

La forme, c’est la quille. Vous allez me dire « mais c’est du déjà-vu ! » Oui, tout le monde l’a vue : Mais ce à quoi il faut s’intéresser c’est son choix. Pourquoi la quille, pourquoi l’inverser ? Y a-il un rapport entre l’alcool, un liquide et une cible phallique de Bowling ?

Tout d’abord ce qui m’a motivé, c’est encore un designer : Josh Owen avec sa création lumineuse qui s’éteint dès qu’elle tombe à terre. Imaginez-vous jeter une ampoule ou la faire chuter, sauf que là c’est le principe d’extinction, pas de casse! Pas de bouton off/on, pas d’interrupteur, ormis un seul geste de l’homme. Lui aussi reprend la forme de la quille et son histoire cyclique qui est celle d’être victime consentante condamnée à la rencontre fatale avec une boule sur la piste, un simple divertissement… Du divertissement passons à l'esthétique, la forme, la fonction et l'humour!

 

D'ordinaire, toutes mes idées viennent de simples jeux de mots, ou de rimes. On n’est pas encore à l’envolée lyrique, mais plus le jeu de mots est pourri et plus cela m’ouvre des portes sur des projets, d’abord formels puis conceptuels.

Je ne m’intéresse pas au « beau » verre même si je respecte beaucoup ceux qui les font, qui ont un savoir-faire dépassant mon propre age ; ou qui imaginent leur design.

D’une manière générale, les projets que j’ai pensés sans fonction, pour le plaisir de la forme ; je les ai abandonné dans leur réalisation  mais je les conserve tous : on se sait jamais, çà peut toujours intéresser quelqu’un. Il est nécessaire pour que mon objet soit « vivant » qu’il ait un truc, la petite étincelle qui fera la différence alors que d’un point de vue extérieure il puisse sembler banal. Si ce détail est invisible la première fois, c’est encore mieux : ce sera la surprise.

Le verre « Quille » que je souhaitais rebaptiser « Gla-Glass » et qui a désormais pour identité  « Ice Drink » est arrivé après une succession de pensées et de rêveries dans un intervalle de temps très rapide.

Après une saison des Simpson où l’on voit Homer se mettre  dans le pétrin grâce au bowling, j’enchaîne avec James Cameron et son Titanic. M’imaginant d’abord être ce paquebot engloutissant tous ces litres de raisins en me heurtant à cette bouteille à la mer (Magnum congelé), je fais le rapprochement avec la quille en terme marin et celle du sport. L’alcool, ça se rapproche parfois du sport ! C’est là que l’iceberg de la création revient et hop, après avoir pris ma respiration, je coule et décuite à nouveau.

Le concept est né de ce retour/flash-back magique…

 

(…) Ce qui me posais problème aussi, c’était la forme que je pouvais et voulais donner à ce verre. Je voulais m’inspirer de la pinte, du verre à vin (Rouge/Blanc), du gobelet et du verre à jus de fruit traditionnel : chose non évidente. La quille regroupait pour moi les 4. Il me fallait aussi une jambe épaisse, pleine et un contenant qui pourrait à la fois assumer la partie du liquide  « spécial » (vous comprendrez en temps voulu) et le liquide à boire (contenance de 33cl) ; en prenant en compte une hauteur, celle de la paille. Le volume de la jambe est idéal pour moi : la main peut la prendre de manière sure et puis, je ne souhaite pas que la paume se retrouve automatiquement au niveau du raccord entre jambe et paraison.

À la base du verre, je rajouterais un pied à chaud par apport pour tout d’abord le maintien puis le rappel à l’objet et à sa fonction première : verre à boire ; car sans le pied, on dirait juste une quille à l’envers et l’objet de jeu n’est alors qu’une suggestion de présentation. Je voulais un verre rigolo mais malin par un système caché qui crée la surprise, par un procédé simple et minimaliste. C’est ce que j’ai toujours approuvé, que ce soit dans la peinture, l’architecture, le Design d’objet et textile.

 

Bon maintenant, pourquoi faire Gla-Gla en sirotant « Ice Drink » ?

Voici le secret, une autre et brève histoire à vous conter. Confrontation très simple et quotidienne pour moi…

 

J’avais dans la Tête depuis un certain d’enlever la présence du glaçon qui fond très rapidement, renouveler la forme de ce procédé de refroidissement. Le glaçon, eau congelée, devait comme l’iceberg, être de forme compacte et résister dans un temps plus long. De plus, ce qui est gênant avec le glaçon en morceaux c’est que votre boisson se retrouve diluée : cela change le goût légèrement mais çà le modifie quand même ;  surtout si vous buvez de grands vins comme un bon verre de rosé. Et moi çà me dérange. Je veux que dans votre verre, vous ne puissiez voir que ce que vous avez lu sur la carte. Je ne parle pas de glace pilée et de cocktails comme l’Acapulco…Je crois qu’avoir un Coca’ très frais sans glaçon apparent flotté entre deux eaux, ce sera bientôt possible.

Il n’est pas non plus question d’éradiquer le glaçon en cube mais changer l’esthétique de la fraîcheur.

 

 

Le verre « Ice Drink » se compose en réalité de deux parties. Comme tout verre du plus grand classique, nous avons le pied, la jambe, la paraison et le buvant. La partie la pus intéressante pour nous se situe entre la jambe et la paraison…

En gros, le verre pour trouver sa véritable fonction doit être mis au congélateur, à une température inférieure à 0°C. Ce n’est pas un verre de glace comme nous l’a sorti A.Petrie (pas très confortable, je présume) mais son but rejoint la Carafe Frio (photos ci-dessus, à gauche), procédé contenu en une seule pièce, si l'on peut dire.


 (référence ci-dessous pour un projet de luminaire, aujourd'hui abandonné)

 



To be continued.




Merci à vous toutes, jolies références...