un peu de preverre

décoration

01 Août 2010

Présentation

Bonjour,

bienvenue à tous les regardeurs de verre -et autre...- et autres curieux! Je vous propose avec ce
blog un aperçu du travail que j'ai effectué pendant ma formation au CERFAV; ainsi que des projets "post-Cerfav" actuellement en route.
En avant pour un grand pas en arrière, non pas de régression, mais de concertation sur notre potentiel humain.
réflexions préhistorisantes, prostitution de l'artiste, carnets de bord d'une sous-merde, aliénation artisanale...
bonne visite.
marion Fillancq

tu disais, p'tite personne?

p'tite personne

I

Hé! Toi là
Baisse les yeux
Baisse les yeux quand j'te parle
Baisse les yeux j'te dis! j'suis par terre cousin!là
Hé j'te cause l'ami

T'me marches dessus là
J'te marche dessus moi?

Baisse les yeux quand tu m'regardes!
Hé tu visites?
Ouais des cailloux quoi.
p'tite personne va...

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"miam", ou la consommation de denrée culturelle en milieu institutionnel

dépliant, récupération au Centre Pomidou de Paris, 2010
élément d'installation "Miam" au sein du musée d'art moderne

     Au cours d'une vacation comme agent d'accueil et de surveillance au centre Pomidou de Paris, j'entreprends de récupérer ces dépliants cornées, roulés, pliés, qu'on lit à peine, puis qu'on abandonne par terre ou jette dans les poubelles, pensant ainsi avoir enrichi sa visite grâce à ce confort intellectuel sur papier mis gratuitement à disposition des regardeurs aux entrées des expos, et sur lequel on s'est presque rué dans un élan automatique de consommateur.
     Je décide de concentrer ma collecte aux poubelles du centre, jugeant mes trouvailles en ces contenants plus particulièrement révélateurs et parlants.

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Cromagnon prout-prout ?







du besoin premier au besoin nouveau. Une histoire de tailles; entre éclats préhistoriques et éclats facettés Swarovski...

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recherche de proxénète pour prostitution volontaire
du syndrome de prostitution des artistes...

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la manufacture du luxe
eh quoi, les préhistoriens parlent d"'industrie lithique".
Le luxe aujourd'hui a sa place sur le marché de l'art, ou de l'objet d'art.
élément de projet nourri par une expérience professionnelle au sein de la manufacture de Baccarat.


croquis crayon/papier, 15x21 cm, 2009



"vase baccarat", 2009

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un besoin -nouveau- nommé désir...


baroque ou contemporain, le bijou se taille.
réflexion autour du besoin originel et du besoin nouveau.
relectures...

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un objet et la poésie de ses deux dimensions

lame de couleurs, de lumière, d'abstractions...


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coupe papier

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Tranchez

Un couteau à trancher.
trancher, décider, faire la part des choses, passer.
(Photos F. Golfier)

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préhistoire d'aujourd'hui
Alors que l'homme préhistorique taillait ses premiers outils dans des galets, il amorçait le processus d'hominisation, en commençant à développer ses capacités cognitives.
Au commencement, la bipédie entraîna dans un premier temps la libération des deux mains, jusque-là utilisées à des fins motrices (marcher à quatre pattes ou monter dans les arbres). L'activité manuelle ainsi favorisée se mit au service d'une industrie lithique, la taille de la pierre, pratiquée par nos ancêtres pour subvenir à leurs besoins primaires.
Sur des milliers d'année, l'élaboration d'un schéma opératoire mental a conduit à une dextérité manuelle et une complexification des techniques de taille, diversifiant ainsi l'outillage. Cet outillage perfectionné offrit ainsi de nouvelles possibilités de chasse telle que celle du gibier jusque là consommé sous forme de charognes, car les premiers outils ne seravient qu'à racler, ou tanner les peaux. Cette nouvelle consommation de protéines accéléra de même le développement du cerveau.

Qu'en est-il de nos besoins?
Qu'en est-il de nos facultés cérébrales?


Ce qui reste quand on enlève. La taille, l'impact, l'éclat.
Celui qui tranche, et celui qui brille. L'éclat entre brut et précieux, entre besoin et désir.
(photos F. Golfier)

Il semble que nous nous servions de nos mains pour nous entourer de biens matériels, et que notre cerveau opère selon un schéma opératoire mentale formaté par une société qui nous dicte comment en détenir davantage. Cette société dite de consommation transforme nos plaisirs en des besoins nouveaux; aussi pervertit-elle notre nature, en faisant de nous une masse lucrative de désireux, une denrée rentable obsédée par le désir d'avoir entretenant volontiers l'acidité du suc gastrique qui nous digère.
Avoir, avoir, avoir. Le confort matériel enraciné dans nos corps déshumanisés par la quête consommatrice au détriment du fondamental.
Aujourd'hui notre besoin est conssomable, il est markété, standardisé, manufacturé. Il porte une étiquette orange fluo, un code barre, il est sous packaging, il est dans les pubs, on le voit et le regarde à la télé, on l'entend et l'écoute à la radio, on mémorise, répète, et repère son slogan.
Notre besoin est consommé, il sort de notre portefeuilles, il est listé sur des tickets, il rentre dans nos maisons, nos ordinateurs et nos bopites aux lettres; il est dans nos poubelles; il est consumé.




 
L'image de l'outil préhistorique enfermée dans la puissance moderne de l'éclat nanotechnologique.
Gravures réalisées par la société Axel Concept à Valleroy (54), après modélisation 3D à l'aide du bras articulé et du logiciel Freeform.

Il semble que certains d'entre nous ne nous servions que rarement de mains. Nous les salissons néanmoins en usant toutefois de nos capacités cognitives. Non pas pour assurer nos premiers besoins, mais pour garantir les grandes valeurs de l'Argent et du Pouvoir. Nous établissons en effet des schémas opératoires mentaux qui nous permettent d'assouvir nos désir, qui se manifestes sous diverses formes comme les guerres, le capitalisme, la religion... Nos cerveaux considèrent la nécessité de mettre en oeuvre les moyens d'assurer la finalité de ces désirs, et s'attèlent à établir des valeurs qui s'articulent autour de systèmes applicable à nos congénères, tels que la Consommation. Nos mains nous servent par ailleurs à griffoner ce qu'on appelle communément "signature" au bas de papiers décideurs, et à nous accaparer la matérialité d'un luxe exceptionnel qui nous distingue de nos voisins.

Alors que la manufacture préhistorique avait amorcé le processus d'hominisation, l'évolution s'est voulue garante d'un confort matériel qui semble -t-il a dénaturé l'équilibre de l'humanité.

Qu'en est-il de notre potentiel humain?
reflexion préhistorisante, pour envisager un avenir plus humain.
un peu de préverre; poésie d'éclats en couleurs

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