L'histoire du Lucevino est assez simple, du moins l'idée et son accouchement.
Il est bien inutile de démentir que j'adore le vin, et il est certain que mon appartement ressemble plus souvent à chez un caviste ruiné ou à un lieu un lendemain de fète. Tout çà s'empile joyeusement dans l'escalier: une bouteille pour chaque marche, pour chaque jour.
Et puis un jour une ampoule grilla, que faire sinon la jeter mais ce ne serait point très écologique tout çà!
Alors je la posai délicatement sur un des goulots bien ordonnés, la douille ou culot disparaissant totalement. D’abord, l’idée première qui me vint  fut un bouchon en liège portant la forme d’une ampoule. Puis trois références  entrèrent en scène soudainement, par automatisme, presque naturellement: Ingo Maurer pour Lucellino, Benjamin Hubert qui créa des lampes de salon dont l’abajour  est en….liège et Guido Ooms ("Lumières à vin"). Comme je suis à la base un littéraire, je pars du principe que les matheux jouent avec les chiffres, la chimie et toutes nouvelles technologies pour trouver leur sens à la Vie, et moi ? Je manipule les mots. Cette année et pour quelques autres encore, je pense creuser le monde de l’alcool avec un outil : l’humour et les jeux de mot.
Dans le cas qui se présentait ici, le mot d’ordre fut : « boire le jut’, boire le jus ou comment siroter la lumière », comme quoi pour certaines personnes le vin  peut devenir parfois et dangereusement le courant qui les anime et les court-circuite en retour, les aveuglant un temps! Dieu la lumière pour certains reste une illusion ; si boire le vin est goûter le sang du christ, fils de Dieu, c’est un peu boire l’illusion, le fictif instantané, non ? Puis j’ai trouvé la transformation de Lucellino en Lucevino, la pointe de drôlerie…
Tout est parti de là. Se servir un verre dans une ampoule, mais aussi un buvant qui reposerait par le biais de l’installation électrique et intégrale d’une source de lumière artificielle.

Dessin originel de Lucevino, là d'ou tout est parti.

En bref, le pied du verre est composé de deux cylindres de verres coulés, ou 1,5cm>h>1cm dont le diamètre varie entre 4 et 8 cm, tous deux collés par U .V. Ensuite, dans le cylindre supérieur de ce pied je perce à froid 4 orifices équidistants d’une profondeur de 1,5cm. La jambe se compose de 4 fils conducteurs, 2 rouges et 2bleus. À chaque extrémité de chacun, je tranche la gaine de PVC sur 1,5 cm afin de laisser apparaitre la tige de cuivre: un coté sera soudé le long de la douille du culot dans le sens vertical et l'autre collé par de l'Araldite Cristal ou par un fort méthacrylate dans un des orifices (évoqués précédemment) de la partie supérieure du pied, dans le sens horizontal (cf. Schémas).
Le diamètre de la tige avoisine 5 mm,(3mm, dégainée) le forret de la perceuse en atelier Parachèvement serait donc de 3, l'écart minimum rendu compact par l'adhésif transparent. Les fils d'alimentation domestiques ont une longueur moyenne de 16 cm. L'idéal est d'avoir au niveau de la douille l'alternance chromatique Rge-Bl-Rge-Bl et en parallèle à la base de la pièce Bl-Rge-Bl-Rge. Les deux paires sont torsadées vers le milieu de la jambe pour la prise aux doigts et poser la paume si le verre est tenu par la douille avec la main entière.
Venons-en maintenant à la paraison:
Je reprends donc la forme ou silhouette standard d'une ampoule, volume soufflé puis ouvert à froid, de manière à pouvoir boire avec le nez à l'intérieur sans frotter contre la paroi; et sur la zone la plus élévée, la face non tranchée y poser un motif sablé, n'étant autre que celui du filament. Je renforce ainsi une nouvelle illusion, quand le verre à vin est observé d'un certain angle, il demeure objet de décoration, sculpture aux premiers abords qui après rotation se dévoile en utilitaire.

Mais après quelques essais au soufflé tourné dans deux types de moule mis à disposition par l'atelier à chaud en semaine de projet, je me suis vite rendu compte qu'il y avait une certaine disconcordance entre le diamètre de la douille et celui de la partie inférieure du verre, une "imperfection" ou imprécision et l'obligation de retravailler en para' la base du contenant à froid; et mème des contraintes non constructives à chaud. La solution aujourd'hui trouvée est directement de monter un moule en platre qui reprend le corps d'une ampoule et me permet de juste obtenir un écart inférieur à 1 mm, espace réservé à la colle...

 
vue de derrière (buvant) / vue de face /  vue de profil.

Le seul problème demeure donc aujourd’hui, la liaison, le raccord entre la base de la paraison et la douille ; la manière, le moyen dont elle y pénètre. A l’heure actuelle, il n’est même plus question d’y insérer l’aimant néodyme, ni du coffret du rangement "ampoule/structure jambe-pied".
(détail du motif sablé)

Petit projet initial minimaliste et d’apparence simple s’est révéler plus technique que prévu! Ce qui n’est déjà pas trop mal. A suivre !



Le petit Lucevino a mème l'honneur d'avoir sa propre com': en marche, droit devant et en zizag s'il vous plait!
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Essais papier pour apprécier le volume supérieur et premières propositions de schéma pour la réalisation du moule à paraison.



Après visite chez Léon et conseils chez Dominique, voici la forme décidée et définitive du moule, vision plus simple, plus juste, plus logique.


Essais de colle Araldite Cristal pour le contact verre/cuivre et montage-pied Lucevino (X3)
réalisés pendant le module Collage UV.