Compte-rendu de stage depuis la Cristallerie d’art d’Alban Gaillard. St Rémy De Provence, du 06 au 16 avril 2010 :
(Rédaction faite au Divin, Day-Club le 16 avril 2010 ; à partir de 21h34.


En introduction, il est très clair que ce court retour dans le sud m’a permis de prendre, comme on dit, un grand bol d’air frais.
Tout d’abord parce que ce fut l’occasion de revoir le temps d’un week end, mes chers amis et collègues bozariens que j’étais en train d’oublier. Cela m’a rappelé de très bons souvenirs et un peu de nostalgie en déambulant dans la cité papale et ses rues piétonnes labyrinthiques. Heureusement je détiens toujours la clef et n’a rien perdu du fil : tous ont très bien grandi…

Ensuite St Rémy de Provence. Comme en Avignon, c’est une petite ville qui prend bien vite les airs de village dynamique de 06 h 30 à 01h30 hors saison. Les gens choisissent leur « repère », là ou il faut vite échapper aux attrape-touristes, en évitant les grands axes, les boulevards trop exposés ; et en prenant le risque de s’enfoncer dans de petites ruelles sombres ou alors en s’exilant à l’extérieur, on se rend compte qu’il y a un autre centre dans le centre. Je n’évoque pas qu’à part la gente qui travaille dans les villes aux alentours (Tarascon, Beaucaire, Avignon, Cavaillon) et se retire ici une fois leur journée achevée, St Rémy attire une faune plus BCBG due entre autre à Caroline de Monaco, Pierre Berger, JC Brialy et autres artistes comme JL Haubert qui enregistrait ces deux semaines dans les studios d’une fondation qui regroupe plus de 20000 vinyles et CD originels. En plus de cela, il y a Van Gogh si bien qu’une fois par an, on compte plus de 300 peintres et artisans dans les rues et bientôt débutera un nouveau festival en juillet, pluridisciplinaire.
Car en dehors de cette petite vie, il ne faut pas oublier le site gallo-romain du Glanum, les Alpilles, les Baux de Provence et les taureaux bien sur ! Ormis ces activités, attractions, paysages fabuleux et le soleil ; l’essentiel est bien sur ce qu’il s’est passé pendant mon séjour à la cristallerie d’Alban Gaillard. Une chic famille : un père, une mère Hélène et deux grands garçons Aurélien et Thomas (de bons gars) ; et Stan’ le petit caniche noir, joueur ou le fanatique à quatre pattes ! Non le fétichiste du petit galet avec en prime l’affection-même à travers ses pupilles de charbon. Le tout regroupé dans un petit mas avec l’atelier sur le bord de la route vers Maillane, avec le jardin, le poulailler et le parc à gaz.


C’est une petite cristallerie ou règne le bon vivre, sans trop de stress sinon nul ; ou la difficulté peut-être y demeure par le temps et par la quête d’une deuxième main. Il y a des commandes en majorité, d’origine locale et étrangère (Italie), de la restauration pour des particuliers ( lustre et service à armature en argent) ; et les habitués qui viennent chercher un présent ou leur prochain service de table, pour le plaisir de ce qu’est d’abord un verre : du verre et ici plus particulièrement du cristal (coloré, bullé ou non). Il y a aussi les clients de passage, d’occasion : ce sont des visiteurs et touristes curieux et fascinés du métier. « Il y a des jours avec et des jours sans », enfin tout semble rouler pour Alban. Ce serait un mensonge que de dire que la production ne bat pas son plein, il y a la demande. Le téléphone se prend pour un hyperactif de la sonnerie, c’est pourquoi il traîne plus souvent sur le marbre (ou sur le banc bien au chaud) que sur son chargeur au

bureau à l’autre bout de la halle.  
Dans cet atelier justement, il y a la partie «verre », la grande famille de la verroterie ; et une autre plus colorée consacrée aux petites séries de vase minimaliste, de sculptures abstraites, animales (hibou, chouette, poisson), et des étagères épurées avec les pièces uniques (décoration, luminaire en champignon, flacon à parfum, presse-papier floral).

Alban touche à tout et le réussit plutôt bien, excusez du peu. En plus de cela, c'est un bricoleur chez qui il est aisé de chiner de nouveaux outils simples mais efficaces: surprenant même.
Ce souffleur travaille exclusivement le cristal, bullé, coloré, transparent ou uni. Les tailles varient; à froid, on retrouve la platine d'ébauche, la perceuse et la scie diamantée et bientôt une polisseuse. Le disque bleu est arrivé aujourd'hui, croyant naïvement à un disque de platine dédicacé par le leader de Téléphone. On écoute Supertramp, Marc Bolan, Kate Bush, ACDC et The Who, en surfant sur RTL2. L'ambiance est détendue  mais le sérieux, la précision et l'efficacité sont là.

Voici ci-joint un plan de l'atelier(expo-boutique, mais je n'aime pas ce terme-là):

Alban Gaillard a trente ans de métier derrière lui, a appris sur le tas comme on dit, dès l'âge de 14 et demi. Patience rime avec expérience: travailler avec lui est un délice, entre deux vannes pourries et de la taquinerie (et un caillou jeté à la petite bête noire pour éviter qu'il ne mette son museau dans un moule ou va rentrer le verre à plus de 800°C. Ce que j'en retiendrai? Un très bon stage, de découverte et d'amitié sincère: communicatif, calme, vivant et sans pression suffisante pour qu'il ne devienne une contrainte; il reste avant tout un plaisir et un acte de liberté. Certes je n'ai fait majoritairement que de l'assistanat mais ce fut dans la bonne humeur et la joie. Alban m'a transmis quelques "trucs" dans la chaleur et l'effort, dans l'humour verrier avec bon coeur pour mieux appréhender la matière.
Qu'avons nous fait en 10 jours? des vases, des tubes, des verres (à eau, pastis, orangeade et vin), des vasques, des gobelets, des tulipes, des carafes, des bouteilles, des photophores, d l'emballage de commandes à expédier, du parachèvement, des sucrières pour un restaurant, des boules de Noël, une boule soufflée pour un sculpteur en vue d'un penseur; et des dalles en verre pour une pose au sol, coulées et d'abord la fabrication du moule par de la soudure et de la découpe de métal.

Qu'est ce que j'ai appris? Comment bien faire un pontil, en dentelle, marbré en pointe; dans les temps, assistant toujours synchro' envers le souffleur et son verre, prévoyant. Comment réaliser un cordon de couleur pour un motif ou transparent pour l'ouverture d'un photophore ou pour un goulot; savoir gérer son verre en apport, en fonction de son poids et de sa température. Comment souffler en utiliser une canne plus petite pour le moins de gachis possible, de manière à travailler au minimum le verre à froid et pour d'autres raisons encore... Une nouvelle habitude à prendre. Car entre un centre de formation, une école ou un lycée du verre qui ne comptent pas trop et un artisan isolé, les calculs et les coûts ne sont pas les mêmes: le temps c'est de l'argent. Ce stage a donc un autre avantage: prévoir comment çà se passe lorsque l'on est une fois à son compte, indépendant. Mais ce qu'il ne faut surtout pas oublier, c'est un qu'un vrai souffleur qui veut bien respirer ne peut jamais être seul. C'est un travail d'équipe d'équipe: au minimum, un maître et son assistant, et vis vers çà. C'est une famille, le verre est leur

enfant.
Le verrier est peut-être solitaire dans la pensée mais au minima en couple en ce qui concerne la pratique. La qualité du final en dépend, tout comme la transmission des savoirs et des savoir-faire. Le métier de souffleur reste fabuleux. En fait il ne s’agit plus d’une fable, c’est une réalité et je dirais même un métier indispensable ou toutes les forces doivent être mises en place pour qu’il ne disparaisse. La barrière aujourd’hui entre ouvrier et artiste/designer du verre a explosé. Sa survie en est l’explication majeure. Prendre l’expansion du verre à contre-pied ne fait que l’étouffer : c’est un marché à maitriser.

Cette matière et la forme qu’elle prend suivent les tendances et doit s’acclimater à la société et la manière dont on en parle pour les faire voyager doit aller dans ce sens. Ce stage a été bénéfique, pour tout; et je compte bien retourner profiter de cet environnement réconfortant, chaleureux et accueillant. Une période aux semblants vacants qui dispersa le temps, à l'aventure… Espérons que je sois cerfavien une année supplémentaire.

Le seul point noir ? La Sncf, vous comprenez : vive le Sud Est-Paca(p) !

 

Calendrier de la prod':

-mardi 06 =)  6 verres à martini, 3 carafes, 1 boule transp bleue et deux vases aux hances "croissant".

-mercredi07=)  4 sucrières/ poudrières, 5 tulipes et une vasque de diamètre de 20 cm (restauration de lustre) et deux vases blancs.

-jeudi 08=)  deux vases blancs, deux vasques, 9 verres bullés, un vase "croissant" et la fabrication d'un moule en métal pour dalle en verre plein.

- vendredi 09=)  4 pavés en verre coulé, 16 gobelets et 10 boule de noel.

-lundi 12=)  emballage de colis, 21 verres bullés, 1 vase (en ouverture florale?)

-mardi13=)  parachèvement (platine d'ébauche + chanfrein), deux grands vases, 6 verres bullés à pastis, 2 gobelés bullés, 3 carafes à pastis bullées, 3 essais perso de moule à verre transp, unis; et deux cygnes.

-mercredi 14=)  11 verres, 3 grds vases blcs (h=35cm) et 3 moy + 3 petits photophores.

-jeudi 15=) 13 gobelets la matinée, un trou de mémoire et dans mon carnet en ce qui concerne l'a-p.

-vendredi 16=) 60 gobelets bullés : commande de 3 verres par fond de couleur différent (8), le reste est pour le stock en magasin) ; et 4 bouteilles (75 et 100cl).



Alban Gaillard - Quartier des jardins - Route de Maillane - 13210 Saint Rémy de Provence

Tél : 04.32.60.10.28 - Mail : albangaillard@cristalleriedart.com